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L'air à Marseille : quels enjeux?

À Marseille près de 170 000 habitants (19.7% de la population) vivent dans des zones où la pollution de l’air dépasse les valeurs limites pour la protection de la santé (source : Air PACA 2013). Plusieurs polluants sont surveillés : particules fines (PM10 et PM2.5), dioxyde d'azote (NO2), ozone (O3), benzène (C6H6), dioxyde de soufre (SO2), monoxyde de carbone (CO)...

Le nouveau dispositif de gouvernance numérique WWW.AIR-MARSEILLE.EU rend publics et visibles les engagements de tous les acteurs concernés par la lutte contre la pollution atmosphérique et ses effets. Il permet de lancer une dynamique collective et d’y associer les habitants. 

Il permet aux Marseillais de connaître la qualité de l’air dans leur quartier,  de savoir quelles sont les actions mises en place pour lutter contre la pollution et  d'être informé sur les bons gestes face à la pollution.

 

La carte ci-dessous indique du bleu au rouge les zones où l’air est le plus pollué par les particules fines, le dioxyde d’azote et l’ozone.

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Indice global de la qualité de l'air à Marseille en 2013, (indice composé des concentrations moyennes annuelles en PM10, NO2 et O3).

 

Un enjeu de santé publique

La pollution atmosphérique porte atteinte à l’environnement et à la santé des habitants des territoires. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime qu'environ 400 000 personnes meurent prématurément chaque année en Europe, du fait de la pollution de l’air. La pollution de l'air entraine de nombreuses pathologies dont certaines sont graves : maladies cardio-vasculaires, accidents vasculaires cérébraux, et cancers (source Programme CAFE : Clean Air For Europe).

Une évaluation récente de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) montre que le coût économique de la mortalité (décès prématurés ou années de vie perdues) et de la morbidité (nouveaux cas de bronchite chronique, journées d'activités restreintes...) s'élève pour la collectivité, à environ 47 milliards d'euros  par an, en France. (source : World Health Organization, Economic Cost of the Health Impact of the Air Pollution in Europe, avril 2015).

 

Etat des lieux à Marseille

Les polluants O3, NOx, PM10, PM2.5, CO, Gaz à effet de Serre (GES) ont de nombreuses sources. Les inventaires mis à disposition par Air PACA avec son interface Emiprox permettent de visualiser quels sont les secteurs d'activités émetteurs de polluants à différentes échelles géographiques et pour les principaux polluants. Pour la commune de Marseille :

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Contribution des différents secteurs d'activités aux émissions polluantes sur la commune de Marseille. (Inventaire des émissions 2012, Air PACA).

 

À Marseille, les principales sources d’émissions sont bien connues : activités industrielles, trafic routier mais aussi sources « résidentielles » comme le chauffage individuel. Conjuguées à un fort ensoleillement, la région est soumise à une pollution photochimique parmi les plus élevées d’Europe. Ces sources sont également fortement émettrices de particules fines, occasionnant de nombreux dépassements des normes réglementaires.

  • Les NOx (ou oxydes d’azote) : les trois-quarts proviennent des véhicules, puis des installations de combustion, comme les centrales énergétiques. Grâce aux progrès techniques récents sur le parc routier, une légère baisse des concentrations est observée en milieu urbain. L'évaporation océanique et l'activité volcanique en produisent aussi.
    • Les NOX, principalement le dioxyde d'azote (NO2) peuvent provoquer une altération des muqueuses respiratoires. Ils favorisent de ce fait laryngites et rhinites. Les NOX interviennent dans le processus de formation d'ozone dans la basse atmosphère. Ils contribuent aussi au phénomène des pluies acides.

 

  • Les PM 10 et les PM2.5 sont des microparticules de taille inférieure à 10 microns (2.5 microns pour les PM2.5). Substances organiques ou minérales, elles peuvent être d'origine naturelle, c'est le cas des pollens. Elles sont aussi produites par les activités humaines. Les particules "fines" proviennent des fumées des moteurs "diesel" et des industries. On les retrouve principalement dans les centres-villes et à proximité de certaines sources industrielles. À Marseille, les PM10 proviennent des industries et du traitement des déchets (43 %), du transport routier (33 %) mais aussi du chauffage collectif et individuel (21 %)... Les PM2.5 proviennent des industries et du traitement des déchets (37 %), du transport routier (33 %) mais aussi du chauffage collectif et individuel (28 %) …
    • Leurs effets sur la santé sont une altération de la fonction respiratoire chez l'enfant en particulier, une irritation des voies respiratoires inférieures, des effets mutagènes et cancérogènes (dus notamment aux hydrocarbures aromatiques polycycliques, ou HAP, concentrés à sa surface) et une mortalité prématurée. Les particules sont un cofacteur de la bronchite chronique en cas d'exposition prolongée. Les particules d'une taille supérieure à 10 microns sont bloquées dans les voies aériennes supérieures de l'arbre respiratoire. Les particules de taille inférieure pénètrent plus profondément, dans les poumons, où leur impact sur la santé est plus important. Les études les plus récentes, effectuées dans la cadre du programme CAFE (Clean Air for Europe) permettent de chiffrer les impacts des PM2.5 sur les populations des pays de l'Union européenne : en Europe (UE-25), les études estiment à 350 000 le nombre de décès prématurés (dont 680 enfants) attribuables à la pollution par les poussières fines. Les PM2.5 présentes dans l'atmosphère raccourcissent actuellement l'espérance de vie statistique dans l'UE de plus de 8 mois, soit une perte annuelle totale de 3,6 millions d'années de vie. (Source : projet APHEKOM).

 

  • Le CO2 ou dioxyde de carbone est le principal gaz à effet de serre. Il est présent naturellement dans l'atmosphère dans une certaine quantité, il provient aussi d'activités humaines (combustion d'hydrocarbures et de matière organique), de l'activité volcanique… et de la respiration des êtres vivants. À Marseille, il provient du transport routier (55 %), du chauffage individuel et collectif (30 %), des industries (13 %) et des transports non routiers (2 %).
    • Le CO2 n'est pas toxique en soi, contrairement au monoxyde de carbone qui se fixe sur les globules rouges et les empêche de jouer leur rôle. Cependant, si la concentration de CO2 dans l'air augmente trop (lors d'un incendie par exemple), la concentration d'oxygène dans l'air va baisser, provoquant l'asphyxie. Pour plus d'informations, consultez cette page.

 

Une gouvernance territoriale en " mille-feuille " : une multiplicité de plans d'actions pour améliorer la qualité de l'air

La lutte pour la qualité de l’air et la réduction des émissions atmopshériques apparaît complexe tant elle implique la coordination d’une grande diversité d’acteurs, de compétences agissant à différents niveaux (local, régional, national et international). D’une certaine manière, la qualité de l’air apparaît comme le « produit » de multiples décisions individuelles, mais aussi de multiples politiques publiques : politique de transport, de développement économique, de protection de l’environnement, urbanisme, politique énergétique…

À Marseille comme ailleurs, l’action publique territoriale est aussi particulièrement complexe du fait de la fragmentation de la gouvernance territoriale propre au « mille-feuille » français. Ainsi, le cadre administratif de surveillance territoriale de la qualité de l’air se caractérise par la multiplicité des instruments et des outils utiles au diagnostic et à la planification de l’aménagement et du développement du territoire dans lesquels la qualité de l’air occupe une place importante. La complexité de cette architecture est accrue par les transferts continus de compétences entre niveaux et par la persistance de recouvrement de compétences et de moyens.

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La mobilité : un enjeu majeur dans la lutte contre la pollution de l'air

La part importante du transport dans les émissions polluantes indique que les actions menées dans ce secteur sont un levier efficace pour lutter contre la pollution de l'air. Il faut également prendre en compte qu'une part importante du trafic (environ 30%) dans Marseille est constituée de véhicules provenant de l'extérieur de la ville (déplacements pendulaires).

 

Face à cette situation, les différents acteurs ayant participé à cette étude s’accordent sur un point : le développement de l’offre et le changement dans l’usage des transports pourraient améliorer la qualité de l’air. Des pistes de réflexions ont été portées autour d’une alternative aux véhicules individuels et/ou vers un système qui limiterait l’usage de la voiture pour améliorer la circulation et les performances des transports collectifs.
 
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Les déplacements pendulaires, un facteur aggravant. (Source : AgaM, 2013)
 
 

Information, sensibilisation et aide à la décision

Le projet européen GOUV'AIRNANCE est destiné au citoyen pour l’informer, l’aider à agir, mais cette plateforme Internet vise aussi à améliorer la diffusion de l’information et à accompagner les processus de concertation entre des acteurs, comme les services de l’Etat, les collectivités territoriales (communes, départements, régions), et les acteurs de la société civile (entreprises et associations).

C'est dans cette optique que la plateforme www.air-marseille.eu a été mise en place par les partenaires du projet et développée par Air PACA avec le soutien de la Ville de Marseille et de l'AViTeM.